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Ce blog a été créé dans le cadre des cours d'Histoire de l'Art de l'EDNA, étudiés par Florentina CARRIER

17 Jan

YVES KLEIN (1928-1962)

Publié par Florentina CARRIER  - Catégories :  #Artistes

Par l'art absolu, c'est-à-dire par l'illumination vivante que je deviens en m'enfermant dans les sphères des créations d'art, en m'imprégnant dans l'éternelle sensibilité illimitée de l'espace, je retourne à l'Eden, j'en suis sûr..." Yves Klein, L'aventure du Monochrome

Yves Klein est né à Nice, le 28 avril 1928. Ses parents étaient tous les deux peintres (son père, Fred Klein, était peintre figuratif, et sa mère, Marie Raymond, était peintre abstrait). C'est dire s'il était destiné à devenir peintre lui-même ! Mais ni figuratif,n ni abstrait, Yves Klein, préféra se tourner vers le monochrome.

Dans cette article, écrit à partir du livre Yves Klein, L'Aventure du Monochrome, je vais essayer de vous retranscrire le mieux possible la façon de penser de Klein, ou du moins vous faire comprendre sa façon de procéder. Effectivement, je pense que dans un courant comme le Monochrome, il peut être très intéressant de comprendre le raisonnement des artistes.

YVES KLEIN (1928-1962)

KLEIN, LE JUDOKA

Tout d'abord, Klein, ne voulant pas être destiné à être peintre car il aurait été confronté à choisir entre le camp maternelle ou la tradition paternelle,décida de devenir judoka professionnel, il se rend à Tokyo pour suivre l'enseignement du célèbre Institut Kôdokan d'où il revient, en 1954, ceinture noir, 4ème dan. Il développe ainsi une grande culture japonaise. Mais le plus important est que c'est cette aventure qui lui a permis de gagner en sagesse.

En effet, c'était un garçon dont le tempérament était surtout de vouloir défoncer les portes plutôt que de chercher pendant des heures leur clef. Il se moquait des katas et de tous les secrets supposés s'y cacher. Mais au bout de six mois de combats déchaînés à coté des sages et savants katas, il a finalement décidé de prendre la clef que lui tendait depuis longtemps déjà ses maître de Kôdokan.

A son retour, il publiera un livre : Les fondements du Judo.

Les fondements du judo, publié en 1954. On le voit sur la couverture réalisant un Kata avec Igor Corréa

Les fondements du judo, publié en 1954. On le voit sur la couverture réalisant un Kata avec Igor Corréa

"On m'a souvent demandé si le judo avait joué un rôle dans ma conception picturale. J'ai toujours jusqu'à présent répondu que non. En fait, c'est inexact : le judo m'a apporté beaucoup ... Voici en substance ce que je sais du judo : D'abord un grand principe : "avoir l'esprit de la victoire". Il faut considérer les défaites comme des étapes importantes vers la victoire finale." Klein

LE MONOCHROME

En 1954, Klein a 26 ans. Sans abandonner tout à fait le judo, il se tourne vers l'art et parvient à n'être ni un artiste abstrait, ni un peintre figuratif. Inaugurée par une plaquette confidentielle, puis par le refus de son tableau au salon des peintres abstraits, sa carrière s'engage mal, mais en judoka émérite, il retourne la situation ! Ses expositions se succèdent à un rythme soutenu, en France et à l'étranger. Moins de quatre ans après ses débuts artistiques, Klein obtient la commande de grandes décorations murales pour un opéra en Allemagne.

Au début de sa carrière, Klein aimait se faire photographier les outils à la main. Il pouvait ainsi se "venter" d'utiliser un rouleau à peindre - outil normalement réservé aux bâtiments. Il introduit ainsi, avec les éponges également, une rupture.

Yves Klein, les outils à la main

Yves Klein, les outils à la main

A son retour de Madrid, après un accrochage avec la fédération espagnole de Judo, Klein comprend que le judo ne lui offrira pas l'avenir pour lequel il avait travaillé avec une belle énergie. Il imagine donc concrétiser une anticipation de ses œuvres à venir sous la forme d'une "plaquette de reproductions". Elle put être réalisée en 1954 grâce aux presses de Franco Sarabia. C'est ainsi qu'apparaît : Yves Peintures

Yves Peintures  "Plaquette de reproductions", 1954

Yves Peintures "Plaquette de reproductions", 1954

Après être passé par plusieurs périodes, ses recherches l'on poussées à peindre des tableaux monochromes. Aucun dessin, aucune variation de teinte n’apparaît; il n'y a que de la couleur bien UNIE. Il cherche ainsi à individualiser la couleur, car il pensait qu'il y avait un monde vivant pour chaque couleur et il voulait exprimer ces mondes.

Cette plaquette comprend dix planches et une préface de Pascal Claude. C'est un portfolio. Les planches doivent être vu horizontalement. Chacune d'elles présente au dos un rectangle découpé de manière artisanale, dans du papier coloré, uni. Certains de ces rectangles collés sur la page blanche portent la mention "Yves", imprimée en bas à droite. Tous sont légendés : Date, nom de lieu, dimension.

Après l'avoir présentée à des artistes, Klein note qu' " Aux premières pages, déjà, les yeux des abstrait changèrent. Leurs yeux s'allumèrent et, dans le fond, apparaissaient de belles et pures couleurs unies."

Klein avait fait des quantités de monochromes, de petits monochromes, de toutes les couleurs. Il les avait mis partout au mur et la composition porte à nous faire croire qu'il jouait ainsi avec Mondrian.

Monochromes de Klein (en haut), Atelier de Mondrian (en bas)

Monochromes de Klein (en haut), Atelier de Mondrian (en bas)

LE BLEU IKB

Klein veut alors abandonner les rapport de couleurs. Il supprime dons la diversité coloré et choisit de s'en tenir au bleu outremer. Mais Klein est fasciné par un pigment pur, mat et lumineux, d'une intensité incomparable. Aussi, son marchand de couleur, Edouard Adam, met-il au point pour lui, un "médium fixatif". Les pigments mélangés à cette préparation conservent une remarquable luminosité, leur aspect demeure mat et ils semblent inaltérés, ou presque. Klein va utiliser cette préparation pour le bleu qu'il nommera International Klein Blue, IKB, la couleur emblématique de son art. En, 1960, il déposera la formule à l'Institut national de la propriété industrielle.

IKB, avec différents rouleaux
IKB, avec différents rouleauxIKB, avec différents rouleaux

IKB, avec différents rouleaux

Au départ, Klein affirmait qu'un certaine emprise académique s'était emparée de lui, le forçant (par bonheur pour lui même) à se fabriquer une "facture" par une sorte de relief de la matière à la surface de ses tableaux, qu'il tourmente dans la pâte à l'exécution pour obtenir une sorte d'accrochage de la lumière. Se détachant de cette emprise par la suite, il adoptera le rouleau "plus anonyme", "il instaure une distance". Les différents rouleaux donnent des effets différents, mais la texture est régulière.

"La composition de la trame même de mes tableaux, c'est la texture de la matière picturale, elle doit être effacée, très travaillée, forte, sérieuse, pour laisser voir dans toute sa splendeur, la couleur." Klein

LE DÉPASSEMENT DE LA PROBLÉMATIQUE DE L'ART

Il ne s'arrêtera pas à cette victoire, directement après, il s'emploiera a faire triompher le bleu, son bleu. Affirmant que la couleur matérielle et visible, malgré qu'elle soit rayonnante, présentait encore un obstacle. Pour la faire triompher, il prétend qu'il faut dépasser la "problématique de l'art", le projeter dans l'invisible, là où l'essence de la peinture peut vraiment s'épanouir et agir avec une efficacité sans pareille. Klein va donc "immatérialiser" le bleu.

Une des petite pièce de l'Exposition au musée de Krefeld en 1961, à la présence de la "sensibilité picturale immatérielle", là comme avec les éponges saturées de bleu, tout est affaire d'imprégnation, une notion centrale dans la pensée de l'artiste.

Une des petite pièce de l'Exposition au musée de Krefeld en 1961, à la présence de la "sensibilité picturale immatérielle", là comme avec les éponges saturées de bleu, tout est affaire d'imprégnation, une notion centrale dans la pensée de l'artiste.

Il s'agit pour lui de fixer sur la toile, le "moment pictural qui est né d'une illumination par imprégnation dans la vie elle-même". L'artiste est alors un "médium". Il capte des événements poétiques qui viennent s'inscrire dans la couleur. Il publiera par la suite : Le dépassement de la problématique de l'art, qui constitue la meilleure introduction à la pensée de Klein au moment où il développait le volet immatériel de son art.

" Une conception nouvelle, la vraie notion doit se substituer à la quantité, aujourd'hui surmenée et surestimée. Il est possible d'y parvenir par l'immatérialisation et la sensibilité." Klein.

Le dépassement de la problématique de l'art

Le dépassement de la problématique de l'art

Yves Klein n'est pas un artiste dont l'évolution trace un parcours continu, dévolu à l'approfondissement d'une voie exclusive de toute autre. Sa création se développe par bonds inattendus. A l'espace désincarné du bleu immatériel, il oppose, ou ajoute, la présence de la chair.

Model and Painting
Model and PaintingModel and Painting
Model and Painting

Model and Painting

Klein explique la présence de femme nu dans son atelier (alors qu'il ne peignait que des monochrome) de la façon suivent :

"Le modèle crée le climat sensuel à l'intérieur de l'atelier, comme éventuellement à l'extérieur, qui permet de stabiliser la matière picturale. C'est le gros bon sens à ne pas rompre quand l'artiste s’enferme dans les sphères de la création d'art...Je crois à l'incarnation du Verbe, je crois à la résurrection des corps."

Il a donc prit le model, a essayé : c'était beau. "La chair, la délicatesse de la peau vivante, sa couleur extraordinaire et si paradoxalement incolore à la fois me fascine. "

LE MOT DE LA FIN

Klein est un artiste qui me fascine particulièrement car c'est une personne sensible et réfléchi. Je pense que son expérience du judo qui l'a guidée dans sa jeunesse, lui a apporté des valeurs omniprésentes dans son quotidien mais également dans ses œuvres. Il a acquis une sagesse remarquable et une détermination à aller toujours plus loin plutôt étonnante. Il était presque contraint a faire un choix de carrière, mais lui, décide de se lancer dans l'inconnu. Reconnu par sa singularité, il ne s’arrête pas à une étapes, c'est challenge sur challenge qu'il se lance et triomphe. Et c'est ce mélange d'audace et de sensibilité qui se reflète dans ses œuvres.

Sources :

- Yves Klein : L'aventure du monochrome (livre de la Bibliothèque Jacques Demy, Nantes)

- Internet

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